Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'eut quelque chose à m'apprendre (Galilée)

 

Ce blog, simple et sans prétention, a été créé par un ami du bois pour les amis du bois.

 

Il est destiné à un large public : particuliers, bricoleurs ou professionnels.

 

Bien que largement inspiré des normes, DTU et autres règles professionnelles, les documents présentés ici n'ont pas un caractère prescriptif, ni normatif. Ils constituent simplement, pour ceux qui l'utiliseront, un recueil d'informations et de conseils, permettant de contribuer à la bonne réalisation des ouvrages. 

 

Je vous souhaite une bonne visite et vous remercie de participer à la vie de ce blog par vos commentaires.

 

Pour toute question complémentaire, vous pouvez me contacter sur ma BAL : bois.sansmoderation@wanadoo.fr

 

Recherche

4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 12:00

Les planchers porteurs bois

Partie V : Cas particuliers

 

 

Cas d'un plancher en rénovation de maison ancienne
Nous sommes souvent tentés par l'acquisition d'une vieille demeure ou d'une fermette dans nos belles provinces françaises. Dans la plupart des cas, il s'agit de bâtisses dont la construction remonte à plus d'un siècle. De plus, ces constructions sont restées inhabitées de longues années et elles en ont cruellement souffert. Quand arrive le moment de la rénovation, on constate que le poids des ans et les effets néfastes de l'humidité ont eu raison des poutres, solives et planchers. Il convient donc de démonter et de créer un nouveau plancher qui répondra aux exigences actuelles.


L'un des problèmes à résoudre est sans doute les scellements dans des murs de pierres, le plus souvent montés à la terre ou à la chaux. Pour recevoir la poutre principale, lorsqu'elle est nécessaire, il convient donc de prévoir des cavités dont la partie basse, qui sert d'assise à la poutre, est renforcée par scellement des pierres au mortier et par une arase cimentée d'épaisseur suffisante, plane et de niveau.


Il est souhaitable de protéger les extrémités de la poutre par un produit à base de bitume, ou de les emmailloter avec un feutre bitumé, pour isoler le bois de la maçonnerie et éviter ainsi tout risque de détérioration par des éventuelles infiltrations d'humidité.


Les solives peuvent être posées de la même manière, par scellement, mais dans ce cas il convient de déterminer avec précision leurs entraxes lorsqu'il est prévu que le plancher repose directement dessus et d'en aligner parfaitement les assises, de niveau dans les deux sens. Le plus souvent, le choix est fait de poser préalablement une muralière, sur laquelle viennent reposer les solives ou sur le côté de laquelle sont fixés les étriers recevant les solives.


Dans le cas de vieux murs pour lesquels les efforts à l'arrachement sont difficiles à appréhender, la muralière peut reposer sur des corbeaux métalliques de section suffisante, scellés profondément dans le mur. Le nombre et l'espacement de ces supports sont déterminés en fonction des charges totales à reprendre.


Avant de poser la muralière, il est souhaitable d'en badigeonner la face qui doit être au contact du mur, par un produit à base de bitume ou d'y agrafer une bande de feutre bitumé, afin de la protéger des éventuelles infiltrations d'humidité.


Pose de plancher dans des combles aménageables en fermettes industrielles

Lors de la construction d'une maison dont la charpente est faite de fermettes industrielles, les combles peuvent être prévus : perdus ou aménageables. Souvent, quand la pente du toit le permet, la seconde solution est choisie, pour permettre la création future de chambres, bureau ou salle de jeu.

 

La pose directe d'un plancher sur les entraits de fermettes n'est pas toujours possible.

- L'entraxe de 600 mm des fermettes ne permet pas la pose directe de panneaux usinés de dimensions standards.

- Il convient de vérifier auprès du fabricant que le calcul des entraits incluait bien l'ensemble des charges à prendre en compte : exploitation, lambourdes, (pour ramener l'entraxe à un sous-multiple de la longueur utile des dalles) isolations, dalles de plancher, cloisonnement et revêtement de sol.

 

De plus, la surface considérée est le plus souvent réduite à la surface théoriquement habitable. Or dans la plupart des cas, le plancher est posé sur la totalité de la surface pour permettre la création de rangements en sous-pentes.

 

Pour créer un plancher répondant à toutes ces attentes, il est alors nécessaire de passer des solives, de section appropriée et parallèles aux entraits de fermette. Deux possibilités :

 

1. La pose au même entraxe que les fermettes ou avec un entraxe de 450 mm qui permet de réduire quelque peu la hauteur tout en échappant au pas de 600 des fermettes. Ces solives peuvent être en bois massif, lamellé-collé, LVL, PSL ou en poutres composites en "I".

 

L'entretoisement existant doit être démonté pour permettre la pose des nouvelles solives. Lorsque celles-ci sont placées aux côtés des entraits de fermettes, il est préférable d'intercaler un produit résilient (de type panneau de fibres de bois additionné de bitume) pour éviter les grincements. De nouvelles entretoises sont à prévoir aux extrémités de travées et sur la longueur, de sorte que la portée libre des solives ne dépasse pas 60 fois leur épaisseur.

 

Un lambourdage dont les entraxes sont réglés en fonction des charges et de la longueur utile des panneaux de plancher, est posé perpendiculairement aux solives.

 

Un cours de lambourdes est posé aux extrémités des travées ainsi qu'aux trémies d'escaliers, pour les fermer et permettre de fixer la rive longue non assemblée des panneaux de plancher. En outre, il convient de prévoir des entretoises aux emplacements prévus des cloisons parallèles aux lambourdes, pour que les panneaux n'en soient pas porteurs.

 

S'il est prévu une salle de bains carrelée, il est nécessaire de prévoir un renforcement du lambourdage à son emplacement prévu. Le plus simple est d'ajouter une lambourde intermédiaire pour diviser en deux la portée du panneau et par conséquent d'en augmenter la rigidité.

plancher_combles.jpg


Plancher sur vide sanitaire, cave ou sous-sol humide
En rénovation comme en construction neuve, la création d'un plancher bois sur vide sanitaire, cave ou sous-sol humide, nécessite de prendre certaines précautions, en fonction des exigences de fonctionnement.


Il est tout d'abord nécessaire de prévoir une ventilation efficace des locaux, par des ouvertures débouchant sur l'extérieur, soit directement soit par l'intermédiaire d'un puits. Il est conseillé de prévoir des orifices de ventilations positionnées judicieusement, et dont la surface totale représente au moins 1/250ème de la surface du local ventilé. En outre, ces orifices devront être à l'abri d'une éventuelle obturation par de la terre ou des végétaux et devront être régulièrement nettoyés pour que leur efficacité d'origine soit conservée.


Il est souvent demandé de prévoir une isolation thermique sous le plancher et un revêtement de sol étanche, carrelage ou revêtement plastique collé. Il convient donc de prévoir à la fois la protection de l'isolant, des bois de structure et du plancher, des remontées d'humidité. Ces éléments se trouvant de fait intercalés entre deux revêtements étanches, il est nécessaire de maîtriser parfaitement l'humidité de chacun d'entre eux ainsi que l'humidité ambiante du chantier et des autres éléments de construction qui le compose, afin de ne pas emprisonner cette humidité dans les matériaux destinés au nouveau plancher.


Il est indispensable que les solives soient sèches. Aussi, s'il n'est pas possible de se procurer des bois dont l'humidité est comprise entre 12 et 14%, ce qui correspond à son humidité d'équilibre, il est plus prudent d'utiliser du lamellé-collé, du LVL ou des poutres composites en "I". Les panneaux dérivés du bois utilisés pour le plancher, sont généralement assez secs (< 10%), il est important de les conserver dans cet état.


En ce qui concerne la fixation des solives, appliquer les conseils du paragraphe « Plancher bois dans une construction en maçonnerie ».


La solution "Muralière" est toujours préférable aux scellements qui sont longs à sécher et apportent de l'humidité.

Afin de protéger correctement les éléments du plancher de toutes remontées d'humidité, il convient d'agrafer un pare-vapeur sur la face inférieure des solives, dans le même sens que celles-ci et en effectuant de larges recouvrements des lés aux emplacements des lignes de fixations.
La protection mécanique du pare-vapeur peut être réalisée par un contreplaqué CTBX de type 3, extérieur.
Il convient de soigner l'étanchéité en périphérie de l'ensemble, éventuellement par un joint à la pompe.

Lorsqu'il s'agit de vide sanitaire, l'élément porteur le plus bas doit se situer au moins à 30 centimètres au-dessus du sol.


Astuces et conseils de pose

 

1.    Répartition des solives ou des lambourdes

L'entraxe de pose des solives ou lambourdes est déterminé par le calcul, en fonction des charges qu'elles doivent supporter. Cet entraxe est optimisé en fonction de la longueur utile des dalles de plancher, pour que leurs petites rives soient supportées.


La première solive ou lambourde est placée le long d'un mur. Il est conseillé de l'isoler de ce mur en la plaçant à 2 ou 3 centimètres de celui-ci ou, si elle doit y être plaquée, de protéger la face du bois exposée au mur par un produit de traitement à base de goudron ou d'y agrafer un feutre bitumé.


L'axe de la seconde solive ou lambourde doit être placé à la distance d'un entraxe de pose plus 10 à 15 mm, du mur (les 10 ou 15 mm représentent le jeu qui doit être laissé entre les panneaux et le mur).

 
Les solives ou lambourdes suivantes sont posées en respectant l'entraxe déterminé, de telle sorte que toutes les petites rives reposent sur l'axe de leurs supports.


repartition-solives.jpg
 

 

2. Pose des cloisons

Les panneaux de plancher ne doivent pas supporter directement une cloison, notamment lorsque celle-ci est parallèle aux supports, car elle représente une charge concentrée permanente qui peut entraîner un fléchissement excessif du panneau à cet endroit et causer des désordres ultérieurs.


Il convient donc de disposer des entretoises entre les solives ou lambourdes, aux emplacements de ces cloisons afin de les supporter.


En outre, les cloisons sont toujours disposées sur les planchers porteurs, les planchers de doublage, les isolants et les revêtements de sol venant contre les cloisons.

 

3. Pose de carrelage sur panneaux dérivés du bois.

La pose de carrelage sur un plancher en panneaux dérivés du bois n'est pas autorisée par la réglementation.  En effet, au contact de l'eau contenue dans les adhésifs, le bois peut gonfler et entraîner le décollement ultérieur du carrelage.
Les panneaux de bois se déforment sous l'effet des charges pouvant entraîner la rupture du plan de collage, des joints, voire la fissuration du carrelage. La jonction entre panneaux est également un point singulier qui constitue un risque de rupture.
De plus, les matériaux réagissent différemment : le carrelage a des différences de température, le bois a des différences d'hygrométrie, ce qui provoque des mouvements différentiels et entraîne le cisaillement des produits adhésifs.


La pose de carrelage est toutefois possible grâce à des matériaux dont le principe est de désolidariser le carrelage de son support.
Trois exemples de produits bénéficiant d'avis techniques favorables et offrant des techniques différentes :

-      Siplast propose le procédé "Interkaro" sous forme de plaques posées à 45° sur un primaire et qui reçoivent le carrelage collé avec un mortier-colle spécial.

-      Weber et Broutin propose le Fermaflex, un mortier colle posé sur primaire et bandes de pontage aux joints de panneaux. Le principe est d'offrir une plasticité suffisante pour permettre les mouvements différentiels des matériaux.

-      Schlűter Ditra propose une natte en polyéthylène pourvue de nervures en forme de queue d'aronde qui assurent l'accrochage du primaire sur lequel elle est posée. Le carrelage est collé directement sur la natte par un mortier colle.

 


4. Planchers spéciaux
Dans certains cas (risque de charges roulantes modérées, de type transpalette manuel), charges dynamiques ou, tout simplement charges importantes), il s'avère nécessaire de constituer le plancher de deux couches de panneaux superposés.


Les panneaux doivent être posés dans le même sens, perpendiculairement aux supports, mais de façon décalée dans les deux sens, de telle sorte qu'aucun des joints des deux couches ne correspondent. La seconde couche est décalée d'un demi panneau latéralement et d'un entraxe de solives longitudinalement.


Bien sûr, les petites rives des panneaux de chacune des deux couches doivent correspondre et être fixées sur un support, les deux épaisseurs étant fixées ensemble.


plancher_bi-couches.jpg

 

5. Pose de plancher avec risque de reprise d'humidité
En fonction de l'avancement et des conditions du chantier ou de la saison, dans certains cas il peut être supposé une reprise d'humidité par les panneaux destinés à composer le plancher.
Pour éviter des désordres ultérieurs, il est conseillé de fixer provisoirement les dalles de plancher par seulement 1/3 de leurs fixations. Cette disposition facilite les mouvements des panneaux sous l'effet de la reprise d'humidité.
Après stabilisation, la fixation définitive est effectuée dans les conditions habituelles.


6. Ragréage
La pose d'un revêtement plastique collé, nécessite le plus souvent un ragréage de la surface du plancher, qu'il soit porteur ou de doublage.
Les dispositions des paragraphes précédents s'appliquent à ce type d'ouvrage.
De plus, les joints de panneaux doivent être poncés, les têtes de fixations correctement enfoncées, mastiquées et poncées.


Il est conseillé de n'utiliser que des produits bénéficiant d'un avis technique favorable pour mise en œuvre sur panneaux dérivés du bois.


Généralement le primaire à appliquer sur les panneaux ne contient pas d'eau, pour éviter le gonflement de ces derniers. Cégécol SNC propose un primaire d'accrochage composé d'un ciment et d'une résine ainsi qu'un ragréage souple auto-lissant, composé de ciment, de résine, d'adjuvants et de fibres.

Partager cet article

Repost 0
Published by Boisphile - dans Les planchers bois
commenter cet article

commentaires

sablage de plancher 28/09/2015 17:47

Bonjour BoisPhile,

Merci pour votre article sur le sablage de plancher, très intéressant.

Bonne journée

bruno 24/03/2014 13:11


bonjour,


sur un vieux plancher bois solide, je désire réaliser un revétement : chappe légère, quel type de polyane? ou plancher sur lambourdes, mais plancher ancien trop irrégulier?


que me conseillez vous


merci d'avance

michel Castonguay 07/03/2014 17:41


Trés bonne information si jamais vous avez besoin de sablage de plancher vous pouvez nous trouvez http://www.sablage-de-plancher.ca vous y trouverez tous ce que vous devez savoir sur le sablage de plancher de bois.

Fabrice 09/01/2014 17:12


Bonjour,


Dans le cas où on souhaite poser deux couches de panneaux OSB dans le même sens, je comprends qu'il faille décaller les panneaux de la 2ème couche par rapport aux panneaux de la 1ère
couche. En revanche, pourquoi ne serait-il pas possible de croiser les deux couches ?


Cordialement

BlueDragon 06/02/2013 22:01


Bonjour BoisPhile,


Un très grand merci pour tout vos articles et votre excellent travail de conseil et d'information. Ce site est une vraie mine d'or et je ne sais comment vous remercier pour tout ce travail qui
permet de mieux se rendre compte du vrai travail d'un compagnon du bois et de la technicité nécessaire.


Un grand bravo et un grand merci, les personnes comme vous sont rare !


Merci