Les planchers porteurs bois (partie V - Cas particuliers)
5 - Cas d'un plancher en rénovation de maison ancienne.
Nous sommes souvent tentés par l'acquisition d'une vieille demeure ou d'une fermette dans nos belles provinces françaises. Dans la plupart des cas, il s'agit de bâtisses dont la construction remonte à plus d'un siècle, de plus, ces constructions sont restées inhabitées de longues années et elles en ont cruellement souffert.
Quand arrive le moment de la rénovation, on constate que le poids des ans et les effets néfastes de l'humidité ont eu raison des poutres, solives et planchers.
Il convient donc de démonter et de créer un nouveau plancher qui répondra aux exigences actuelles.
L'un des problèmes à résoudre est sans doute les scellements dans des murs de pierres, le plus souvent montés à la terre ou à la chaux.
Pour recevoir la poutre principale, lorsqu'elle est nécessaire, il convient donc de prévoir des cavités dont la partie basse qui sert d'assise à la poutre, est renforcée par scellement des pierres au mortier et par une arase cimentée d'épaisseur suffisante, plane et de niveau.
Il est souhaitable de protéger les extrémités de la poutre par un produit à base de bitume ou de les emmailloter avec un feutre bitumé, pour isoler le bois de la maçonnerie et éviter ainsi tout risque de détérioration par des éventuelles infiltrations d'humidité.
Les solives peuvent être posées de la même manière, par scellement, mais dans ce cas il convient de déterminer avec précision leurs entraxes lorsqu'il est prévu que le plancher repose directement dessus et d'en aligner parfaitement les assises, de niveau dans les deux sens.
Le plus souvent, le choix est fait de poser préalablement une muralière, sur laquelle viennent reposer les solives ou sur le côté de laquelle sont fixés les étriers recevant les solives.
Dans le cas de vieux murs pour lesquels les efforts à l'arrachement sont difficiles à appréhender, la muralière peut reposer sur des corbeaux métalliques de section suffisante, scellés profondément dans le mur.
Le nombre et l'espacement de ces supports sont déterminés en fonction des charges totales à reprendre.
Avant de poser la muralière, il est souhaitable d'en badigeonner la face qui doit être au contact du mur, par un produit à base de bitume ou d'y agrafer une bande de feutre bitumé, afin de la protéger des éventuelles infiltrations d'humidité.
6 - Pose de plancher dans des combles aménageables en fermettes industrielles.
7 - Plancher sur vide sanitaire, cave ou sous-sol humide.
En rénovation comme en construction neuve, la création d'un plancher bois sur vide sanitaire, cave ou sous-sol humide nécessite de prendre certaines précautions, en fonction des exigences de fonctionnement.
Il est tout d'abord nécessaire de prévoir une ventilation efficace des locaux, par des ouvertures débouchant sur l'extérieur, soit directement soit par l'intermédiaire d'un puits. Il est conseillé de prévoir des orifices de ventilations positionnées judicieusement et dont la surface totale représente au moins 1/250ème de la surface du local ventilé. En outre, ces orifices devront être à l'abri d'une éventuelle obturation par de la terre ou des végétaux et devront être régulièrement nettoyés pour que leur efficacité d'origine soit conservée..
Il est souvent demandé de prévoir une isolation thermique sous le plancher et un revêtement de sol étanche, carrelage ou revêtement plastique collé. Il convient donc de prévoir à la fois la protection de l'isolant, des bois de structure et du plancher, des remontées d'humidité. Ces éléments se trouvant de fait, intercalés entre deux revêtements étanches, il est nécessaire de maîtriser parfaitement l'humidité de chacun d'entre eux ainsi que l'humidité ambiante du chantier et des autres éléments de construction qui le compose, afin de ne pas emprisonner cette humidité dans les matériaux destinés au nouveau plancher. (voir paragraphe 1.1.2)
Il est indispensable que les solives soient sèches, aussi, s'il n'est pas possible de se procurer des bois dont l'humidité est comprise entre 12 et 14%, ce qui correspond à son humidité d'équilibre, il est plus prudent d'utiliser du lamellé-collé, du LVL ou des poutres composites en "I". Les panneaux dérivés du bois utilisés pour le plancher, sont généralement assez secs, (< 10%) il est important de les conserver dans cet état.
En ce qui concerne la fixation des solives, appliquer les conseils du paragraphe 4.1.1 : Plancher bois dans une construction en maçonnerie.
La solution "Muralière" est toujours préférable aux scellements qui sont longs à sécher et apportent de l'humidité.
Afin de protéger correctement les éléments du plancher de toutes remontées d'humidité, il convient d'agrafer un pare-vapeur sur la face inférieure des solives, dans le même sens que celles-ci et en effectuant de larges recouvrements des lés aux emplacements des lignes de fixations.
La protection mécanique du pare-vapeur peut être réalisée par un contreplaqué CTBX de type 3, extérieur.
Il convient de soigner l'étanchéité en périphérie de l'ensemble, éventuellement par un joint à la pompe.
Lorsqu'il s'agit de vide sanitaire, l'élément porteur le plus bas doit se situer au moins à 30 centimètres au-dessus du sol.
8 – Astuces et conseils de pose.
8.1 – Répartition des solives ou des lambourdes.
L'entraxe de pose des solives ou lambourdes est déterminé par le calcul en fonction des charges qu'elles doivent supporter; Cet entraxe est optimisé en fonction de la longueur utile des dalles de plancher, pour que leurs petites rives soient supportées.
La première solive ou lambourde est placée le long d'un mur.
Il est conseillé, soit de l'isoler de ce mur en la plaçant à 2 ou 3 centimètres de celui-ci ou, si elle doit y être plaquée, de protéger la face du bois exposée au mur par un produit de traitement à base de goudron ou d'y agrafer un feutre bitumé.
L'axe de la seconde solive ou lambourde doit être placé à la distance d'un entraxe de pose plus 10 à 15 mm, du mur. (les 10 ou 15 mm représentent le jeu qui doit être laissé entre les panneaux et le mur)
Les solives ou lambourdes suivantes sont posées en respectant l'entraxe déterminé, de telle sorte que toutes les petites rives reposent sur l'axe de leurs supports.
8.2 – Pose des cloisons.
Les panneaux de plancher ne doivent pas supporter directement une cloison et en particulier lorsque celle-ci est parallèle aux supports, car elle représente une charge concentrée permanente qui peut entraîner un fléchissement excessif du panneau à cet endroit et causer des désordres ultérieurs.
Il convient donc de disposer des entretoises entre les solives ou lambourdes, aux emplacements de ces cloisons afin de les supporter.
En outre, les cloisons sont toujours disposées sur les planchers porteurs, les planchers de doublage, les isolants et les revêtements de sol venant contre les cloisons.
8.3 – Pose de carrelage sur panneaux dérivés du bois.
La pose de carrelage sur un plancher en panneaux dérivés du bois n'est pas autorisée par la réglementation.
Au contact de l'eau contenue dans les adhésifs, le bois peut gonfler et entraîner le décollement ultérieur du carrelage.
Les panneaux de bois se déforment sous l'effet des charges pouvant entraîner la rupture du plan de collage, des joints, voire la fissuration du carrelage. La jonction entre panneaux est également un point singulier qui constitue un risque de rupture.
De plus, les matériaux réagissent différemment, le carrelage aux différences de température, le bois aux différences d'hygrométrie, ce qui provoque des mouvements différentiels qui entraînent le cisaillement des produits adhésifs.
La pose de carrelage est toutefois possible grâce à des matériaux dont le principe est de désolidariser le carrelage de son support.
Trois exemples de produits bénéficiant d'avis techniques favorables et offrant des techniques différentes.
Siplast propose le procédé "Interkaro" sous forme de plaques posées à 45° sur un primaire et qui reçoivent le carrelage collé avec un mortier-colle spécial.
Weber et Broutin propose le Fermaflex, un mortier colle posé sur primaire et bandes de pontage aux joints de panneaux. Le principe est d'offrir une plasticité suffisante pour permettre les mouvements différentiels des matériaux.
Schlűter Ditra propose une natte en polyéthylène pourvue de nervures en forme de queue d'aronde qui assurent l'accrochage du primaire sur lequel elle est posée. Le carrelage est collé directement sur la natte par un mortier colle.
8.4 – Planchers spéciaux.
Dans certains cas, risque de charges roulantes (modérées, de type transpalette manuel) charges dynamiques ou, tout simplement, charges importantes, il s'avère nécessaire de constituer le plancher de deux couches de panneaux superposés.
Les panneaux doivent être posés dans le même sens, perpendiculairement aux supports, mais de façon décalée dans les deux sens, de telle sorte qu'aucun des joints des deux couches ne correspondent. La seconde couche est décalée d'un demi panneaux latéralement et d'un entraxe de solives longitudinalement.
Bien sur, les petites rives des panneaux de chacune des deux couches doivent correspondre et être fixées sur un support, les deux épaisseurs étant fixées ensemble.
8.5 – Pose de plancher avec risque de reprise d'humidité.
En fonction de l'avancement et des conditions du chantier ou de la saison, dans certains cas il peut être supposé une reprise d'humidité par les panneaux destinés à composer le plancher.
Pour éviter des désordres ultérieurs, il est conseillé de fixer provisoirement les dalles de plancher par seulement 1/3 de leurs fixations. Cette disposition facilite les mouvements des panneaux sous l'effet de la reprise d'humidité.
Après stabilisation, la fixation définitive est effectuée dans les conditions habituelles.
8.6 – Ragréage.
La pose d'un revêtement plastique collé, nécessite le plus souvent un ragréage de la surface du plancher, qu'il soit porteur ou de doublage.
Les dispositions des paragraphes 1.1.2 – 1.1.4 et 1.1.6 s'appliquent à ce type d'ouvrage.
De plus, les joints de panneaux doivent être poncés, les têtes de fixations correctement enfoncées, mastiquées et poncées.
Il est conseillé de n'utiliser que des produits bénéficiant d'un avis technique favorable pour mise en œuvre sur panneaux dérivés du bois.
Généralement le primaire à appliquer sur les panneaux, ne contient pas d'eau, pour éviter le gonflement de ces derniers.
Cégécol SNC propose un primaire d'accrochage composé d'un ciment et d'une résine ainsi qu'un ragréage souple auto-lissant, composé de ciment, de résine, d'adjuvants et de fibres.
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